vendredi, septembre 05, 2003
Londres
Chiswick
Retour sans encombres. Demain vendredi. Je vais devoir contacter les acteurs un par un pour leur donner quelques indications et du travail personnel.
Mais rapport avec Alasdair sont neutres.
J'essaye de terminer les 6 livres de notes sur le Tartuffe. Toutes mes annotations de mise en scene ont ete passees au propre aujourd'hui. Quelques doutes sur la musique... La version definitive n'est pas encore terminee, je viens de parler avec le traducteur. Il m'a promis que dimanche tout serait fini.
Donc, les nerfs en attendant lundi...
Demain, travail de fond et d'analyse, recherche d'idee de mise en scene...
Chiswick
Retour sans encombres. Demain vendredi. Je vais devoir contacter les acteurs un par un pour leur donner quelques indications et du travail personnel.
Mais rapport avec Alasdair sont neutres.
J'essaye de terminer les 6 livres de notes sur le Tartuffe. Toutes mes annotations de mise en scene ont ete passees au propre aujourd'hui. Quelques doutes sur la musique... La version definitive n'est pas encore terminee, je viens de parler avec le traducteur. Il m'a promis que dimanche tout serait fini.
Donc, les nerfs en attendant lundi...
Demain, travail de fond et d'analyse, recherche d'idee de mise en scene...
jeudi, août 28, 2003
Madrid
Hotel Gaudi
Vacances de 10 jours en Espagne. La plus grande partie à Madrid.
Repos. Vite dit. Je ne suis pas tout seul. Je dors mieux et mes tqches sur le visage ont tendance a disparaître... Je me destress.
Avant de partir, j'ai passé la journée de vendredi, le 22, à Basingstoke. Réunion générale avec toute l'équipe technique... J'ai fait plutôt bonne impression.
Ils étaient tous relax et dispo. Seul Alasdair était tendu.
Je savais pourquoi, évidemment.
Nous avons eu ensuite une réunion en tête à tête.
J'avais vu juste. Il a attaqué bille en tête:
" Je voudrais régler cette affaire de Tom une bonne fois pour toutes", a t il dit.
Je lui avais envoyé un courrier électronique deux jours auparavant dans lequel je déclarais que si cet acteur "imposé" par lui d'une façon tout à fait malhonnête était vraiment aussi mauvais que lors des castings, je n'hésiterai pas à le renvoyer. Alasdair m'a alors assuré que c'étais le meilleur acteur qu'il connaissait et que les castings ne réflétaient en rien la qualité réelle de son talent. Cet argument m'a adouci un peu. C'est vrai que de nombreux acteurs ne peuvent supporter la tension des auditions... J'ai donc accepté de fermer ce volet. Prochaine étape le premier jour des répétitions.
J'ai cependant déclaré en partant que j'étais heureux d'avoir pu parler de vive voix de cette affaire. Il s'est excusé. Je ne sais pas quel sera le prix à payer pour cela. Je verrai bien.
Mes cinq premiers jours de vacances se sont déroulés vraiment comme je l'avais espéré. Pas de travail, le vide complet. Mais je serai de retour mercredi prochain. J'ai donc décidé de me remettre au travail, ici, à partir de dimanche. Quatre heures par jours. J'en ai parlé avec Angela ce matin : elle a pris cela avec un peu de réserve. Quelques gueulantes en perspectives...
Donc, voilà, le moment fatidique qui se rapproche, je dois lire et annoter 6 livres sur Tartuffe et surtout faire un emploi du temps intelligent. Je n'ai réellement que quatre semaines pour le mettre en scène et certains acteurs seront aussi sur une autre pièce... Excitant.
Hotel Gaudi
Vacances de 10 jours en Espagne. La plus grande partie à Madrid.
Repos. Vite dit. Je ne suis pas tout seul. Je dors mieux et mes tqches sur le visage ont tendance a disparaître... Je me destress.
Avant de partir, j'ai passé la journée de vendredi, le 22, à Basingstoke. Réunion générale avec toute l'équipe technique... J'ai fait plutôt bonne impression.
Ils étaient tous relax et dispo. Seul Alasdair était tendu.
Je savais pourquoi, évidemment.
Nous avons eu ensuite une réunion en tête à tête.
J'avais vu juste. Il a attaqué bille en tête:
" Je voudrais régler cette affaire de Tom une bonne fois pour toutes", a t il dit.
Je lui avais envoyé un courrier électronique deux jours auparavant dans lequel je déclarais que si cet acteur "imposé" par lui d'une façon tout à fait malhonnête était vraiment aussi mauvais que lors des castings, je n'hésiterai pas à le renvoyer. Alasdair m'a alors assuré que c'étais le meilleur acteur qu'il connaissait et que les castings ne réflétaient en rien la qualité réelle de son talent. Cet argument m'a adouci un peu. C'est vrai que de nombreux acteurs ne peuvent supporter la tension des auditions... J'ai donc accepté de fermer ce volet. Prochaine étape le premier jour des répétitions.
J'ai cependant déclaré en partant que j'étais heureux d'avoir pu parler de vive voix de cette affaire. Il s'est excusé. Je ne sais pas quel sera le prix à payer pour cela. Je verrai bien.
Mes cinq premiers jours de vacances se sont déroulés vraiment comme je l'avais espéré. Pas de travail, le vide complet. Mais je serai de retour mercredi prochain. J'ai donc décidé de me remettre au travail, ici, à partir de dimanche. Quatre heures par jours. J'en ai parlé avec Angela ce matin : elle a pris cela avec un peu de réserve. Quelques gueulantes en perspectives...
Donc, voilà, le moment fatidique qui se rapproche, je dois lire et annoter 6 livres sur Tartuffe et surtout faire un emploi du temps intelligent. Je n'ai réellement que quatre semaines pour le mettre en scène et certains acteurs seront aussi sur une autre pièce... Excitant.
vendredi, août 15, 2003
Journée terrible en ce qui concerne ma vie privée... Une histoire d'infidélité est venue brouiller mon travail avec les acteurs. Je suis un cocu.
Alastair nous avait convoqué dans une école privée près de Hammersmith pour voir quelques jeunes acteurs. Il m'a expliqué qu'il toucherait une subvention s'il embauchait un jeune diplômé... Six jeunes hommes; tous très bons, pas à dire.
Je cherchais un Valère... Mon choix est fait... Maintenant, il me reste à en discuter avec lui.
Curieuse après-midi... Des moments très intenses avec les acteurs. Je me suis réconcilié avec eux... Un simple exercice: exprimer avec des paroles les sentiments que l'on éprouve en face d'un autre acteur (ou actrice). L'être humain est sublime...
Et c'est là que j'ai de nouveau pris conscience de la beauté des acteurs; de leur beauté et de leur nécessité. Ce qu'ils faisaient avec simplicité les amusaient follement. Pourtant ils se mettaient à nu devant nous tous! Un exercice si simple en théorie: dire avec un adjectif, seulement un adjectif, ce qu'ils recevaient ou percevaient de l'autre, "intimidé" ou "grand", ou "excité", puis, exprimer ce que cette révélation provoquait ensuite chez l'autre. Suivre ensuite ce flot de sentiments, se laisser porter par eux, se laisser influencer par les modifications de l'autre, etc.
Un tel exercice est inaccessible à 95% des hommes. Il irait même jusqu'à provoquer des meurtres. J'ai contemplé cela un très long moment; j'en oubliai même mon rôle... Ne demander jamais à un acteur de penser; vous serez profondément déçu; demandez-lui plutôt de sentir et d'exprimer; il vous en sera reconnaissant. Jouer toute sa vie avec le précieux métal des sentiments... Voilà qui change la perception du monde. Les acteurs ne sont beaux que sur scène. Voilà ce que j'ai redécouvert cet après-midi. En dehors, ils sucent votre énergie et peuvent abandonner votre carcasse sèche sur le bord d'un chemin sans le moindre remord. Si cela vous arrive, c'est entièrement de votre faute...
Donc, réunion avec mon Tartuffe, mon Elmire, mon Damis et ma Mariane. Brève rencontre: Un peu brouillonne par ma faute. Mon anglais est très mauvais, ma facon de parler désagréable et vulgaire; je ne suis pas précisément calme... mais... mais le miracle s'est produit. Le contact avec Elmire et Tartuffe a été fantastique. Je les ai un peu rassuré. Ils étaient en fait terrorisés à l'idée de travailler un Tartuffe poussièreux, en costume d'époque, etc. Quant à Damis, je l'ai choisi pour cela: c'est un pédant et une personne stupide. Il a était méprisant du début à la fin et est même sorti pendant une de mes explications. Je l'ennuyais... Je devrais faire avec. J'attends avec impatience le moment où il faudra que je l'aide. Ce sera le premier moment de rapprochement. Il a reagis à l'unisson avec Mariane; très distante et pas du tout convaincue. Je ne l'ai pas seduite. Elle a été choquée, je crois.
Alastair nous avait convoqué dans une école privée près de Hammersmith pour voir quelques jeunes acteurs. Il m'a expliqué qu'il toucherait une subvention s'il embauchait un jeune diplômé... Six jeunes hommes; tous très bons, pas à dire.
Je cherchais un Valère... Mon choix est fait... Maintenant, il me reste à en discuter avec lui.
Curieuse après-midi... Des moments très intenses avec les acteurs. Je me suis réconcilié avec eux... Un simple exercice: exprimer avec des paroles les sentiments que l'on éprouve en face d'un autre acteur (ou actrice). L'être humain est sublime...
Et c'est là que j'ai de nouveau pris conscience de la beauté des acteurs; de leur beauté et de leur nécessité. Ce qu'ils faisaient avec simplicité les amusaient follement. Pourtant ils se mettaient à nu devant nous tous! Un exercice si simple en théorie: dire avec un adjectif, seulement un adjectif, ce qu'ils recevaient ou percevaient de l'autre, "intimidé" ou "grand", ou "excité", puis, exprimer ce que cette révélation provoquait ensuite chez l'autre. Suivre ensuite ce flot de sentiments, se laisser porter par eux, se laisser influencer par les modifications de l'autre, etc.
Un tel exercice est inaccessible à 95% des hommes. Il irait même jusqu'à provoquer des meurtres. J'ai contemplé cela un très long moment; j'en oubliai même mon rôle... Ne demander jamais à un acteur de penser; vous serez profondément déçu; demandez-lui plutôt de sentir et d'exprimer; il vous en sera reconnaissant. Jouer toute sa vie avec le précieux métal des sentiments... Voilà qui change la perception du monde. Les acteurs ne sont beaux que sur scène. Voilà ce que j'ai redécouvert cet après-midi. En dehors, ils sucent votre énergie et peuvent abandonner votre carcasse sèche sur le bord d'un chemin sans le moindre remord. Si cela vous arrive, c'est entièrement de votre faute...
Donc, réunion avec mon Tartuffe, mon Elmire, mon Damis et ma Mariane. Brève rencontre: Un peu brouillonne par ma faute. Mon anglais est très mauvais, ma facon de parler désagréable et vulgaire; je ne suis pas précisément calme... mais... mais le miracle s'est produit. Le contact avec Elmire et Tartuffe a été fantastique. Je les ai un peu rassuré. Ils étaient en fait terrorisés à l'idée de travailler un Tartuffe poussièreux, en costume d'époque, etc. Quant à Damis, je l'ai choisi pour cela: c'est un pédant et une personne stupide. Il a était méprisant du début à la fin et est même sorti pendant une de mes explications. Je l'ennuyais... Je devrais faire avec. J'attends avec impatience le moment où il faudra que je l'aide. Ce sera le premier moment de rapprochement. Il a reagis à l'unisson avec Mariane; très distante et pas du tout convaincue. Je ne l'ai pas seduite. Elle a été choquée, je crois.
lundi, août 11, 2003
Des nouveautés:
1./ Réunion à Londres vendredi. Tout mes acteurs seront réunis. Alastair veut en faire travailler quelques-uns.
Voilà qui m'évite un long et très désagréable travail de secrétariat. Appeler, feuilleter l'agenda, etc.
2./ Mon Tartuffe, Daniel York, un excellent acteur, m'a appelé cet après-midi. Il était très énervé et a tenu un discours un poil incohérent. Il n'aime pas trop Alastair pour qui il a déjà travaillé... Alors quand celui-ci lui a téléphoné pour lui donner rendez-vous, il a commencé à paniquer. Il m'a appelé immédiatement...
21h57
Il faut que je passe l'acte IV. Angela m'a beaucoup aidé hier. Elle tape très rapidement et a mis deux actes au propre.
J'ai pu enfin commencer ce qu'ici il appelle "accionasing". Je le fait d'une facon un peu plus littéraire. D'ailleurs, petit à petit -manque de temps- je vais mettre tout ce travail en ligne.
1./ Réunion à Londres vendredi. Tout mes acteurs seront réunis. Alastair veut en faire travailler quelques-uns.
Voilà qui m'évite un long et très désagréable travail de secrétariat. Appeler, feuilleter l'agenda, etc.
2./ Mon Tartuffe, Daniel York, un excellent acteur, m'a appelé cet après-midi. Il était très énervé et a tenu un discours un poil incohérent. Il n'aime pas trop Alastair pour qui il a déjà travaillé... Alors quand celui-ci lui a téléphoné pour lui donner rendez-vous, il a commencé à paniquer. Il m'a appelé immédiatement...
21h57
Il faut que je passe l'acte IV. Angela m'a beaucoup aidé hier. Elle tape très rapidement et a mis deux actes au propre.
J'ai pu enfin commencer ce qu'ici il appelle "accionasing". Je le fait d'une facon un peu plus littéraire. D'ailleurs, petit à petit -manque de temps- je vais mettre tout ce travail en ligne.
dimanche, août 10, 2003
Dimanche 10 août 2003
Rien de nouveau en ce qui concerne l'extérieur, le Hay Market, les acteurs. La moitié d'entre eux a répondu à mon invitation. Je les verrai un par un au cours de la semaine pour leur expliquer rapidement ce que j'ai décidé de faire...
Actualiser un classique. Voilà qui surprend énormément! Céline et Planchon, pour ne citer qu'eux, ont dit clairement ce qu'il fallait penser de cette fausse révérence !
Molière est parfois un peu "explicatif" pour des jeunes roués à l'élipse publicitaire et cinématographique? Rien de plus normal pour un texte vieux de 338 ans!
J'ai dû couper, entre autre, le verbiage de Cléante! Certaines répétitions aussi. Mais la pièce, la structure, le génie de Molière sont toujours intacts!
Je travaille sur la musique et la version anglaise. Une rumba pour commencer et... rien de bien décidé pour le reste. M. Nyman m'intéresse.
J'ai réécrit la fin de la pièce et il me faudra une musique impactante... Une musique tribale africaine?
Rien de nouveau en ce qui concerne l'extérieur, le Hay Market, les acteurs. La moitié d'entre eux a répondu à mon invitation. Je les verrai un par un au cours de la semaine pour leur expliquer rapidement ce que j'ai décidé de faire...
Actualiser un classique. Voilà qui surprend énormément! Céline et Planchon, pour ne citer qu'eux, ont dit clairement ce qu'il fallait penser de cette fausse révérence !
Molière est parfois un peu "explicatif" pour des jeunes roués à l'élipse publicitaire et cinématographique? Rien de plus normal pour un texte vieux de 338 ans!
J'ai dû couper, entre autre, le verbiage de Cléante! Certaines répétitions aussi. Mais la pièce, la structure, le génie de Molière sont toujours intacts!
Je travaille sur la musique et la version anglaise. Une rumba pour commencer et... rien de bien décidé pour le reste. M. Nyman m'intéresse.
J'ai réécrit la fin de la pièce et il me faudra une musique impactante... Une musique tribale africaine?
samedi, août 09, 2003
Samedi 9 août 2003
Pas moyen de trouver les accents sur ce clavier...
Le casting a dure cinq jours etales sur deux semaines. Nous avons vu une cinquantaine d'acteurs et d'actrices. Le niveau moyen etait assez mediocre sans etre cependant desesperant.
Les problemes ont commence lorsque j'ai voulu choisir des acteurs "ages". La consigne, tout d'abord, subtilement glissee dans la conversation, prevenait que les gens ages etaient moins "integrables" dans une compagnie... plus difficiles, moins flexibles, etc. La remarque etait ennuyante a bien des egards car si cela ne pouvait etre acceptable pour des premiers roles (Orgon et Madame Pernelle, par exemple), tout devenait tres flou lorsqu'il s'agissait de roles moins definis (Cleante, M. Loyal, par exemple). J'aurais pu en etre convaincu si, petit a petit, je ne m'etais apercu que le directeur avait en tete un casting preetabli compose d'amis et d'acteurs avec qui il avait deja travaille. Le casting etait une mascarade. Et puisque l'autre metteur en scene, Bob Hobbes, ne semblait pas trouble par cette situation, je cedai un peu plus sur ce point en insistant quand meme sur le fait que je voulais de "bons acteurs".
Entendons-nous, il ne s'agit pas de l'ensemble des roles a pourvoir, si cela avait ete le cas, je n'aurais pas fait ce Tartuffe, mais je dois reconnaitre qu'il m'a fallu batailler beaucoup pour quatre roles et que je n'ai obtenu gain de cause que pour deux d'entre eux. Je me retrouve donc avec des acteurs que je n'ai pas choisi et sur lesquels j'ai d'enormes doutes.
Ces pratiques, bien qu'inherentes a tout business artistique, m'ont semble inacceptables des les premiers jours. Leur poids s'en est trouve decuple lorsque je pris conscience d'avoir ete grossierement roule dans la farine. Et Alastair continue de me prendre pour un imbecile! Au cours d'une conversation telephonique que j'attendais depuis plus d'une semaine -il etait en vacance en France-, il m'a annonce que le role de Cleante revenait a un acteur avec qui il avait travaille de nombreuses fois et qui etait parfait pour le role (sic). Un acteur que Bill et moi avions elimine d'un commun accord le premier jour de casting! Un amateur! Raide et sans aucune technique! Un acteur qui, par mystere, eu le droit de refaire le casting et qui fut bien plus mediocre que la premiere fois!
Maintenant j'ai des doutes sur plusieurs autres acteurs qui m'on ete refuse parce que, dixit Alastair, ils n'etaient pas disponibles ou n'avaient pu parvenir a un accord !Il tient les rennes... Je ne peux rellement rien faire a part un esclandre du tonnerre! J'attends donc. A moins d'un mois du debut des repetitions, je n'ai toujours pas la confirmation de Dorine.
Pas moyen de trouver les accents sur ce clavier...
Le casting a dure cinq jours etales sur deux semaines. Nous avons vu une cinquantaine d'acteurs et d'actrices. Le niveau moyen etait assez mediocre sans etre cependant desesperant.
Les problemes ont commence lorsque j'ai voulu choisir des acteurs "ages". La consigne, tout d'abord, subtilement glissee dans la conversation, prevenait que les gens ages etaient moins "integrables" dans une compagnie... plus difficiles, moins flexibles, etc. La remarque etait ennuyante a bien des egards car si cela ne pouvait etre acceptable pour des premiers roles (Orgon et Madame Pernelle, par exemple), tout devenait tres flou lorsqu'il s'agissait de roles moins definis (Cleante, M. Loyal, par exemple). J'aurais pu en etre convaincu si, petit a petit, je ne m'etais apercu que le directeur avait en tete un casting preetabli compose d'amis et d'acteurs avec qui il avait deja travaille. Le casting etait une mascarade. Et puisque l'autre metteur en scene, Bob Hobbes, ne semblait pas trouble par cette situation, je cedai un peu plus sur ce point en insistant quand meme sur le fait que je voulais de "bons acteurs".
Entendons-nous, il ne s'agit pas de l'ensemble des roles a pourvoir, si cela avait ete le cas, je n'aurais pas fait ce Tartuffe, mais je dois reconnaitre qu'il m'a fallu batailler beaucoup pour quatre roles et que je n'ai obtenu gain de cause que pour deux d'entre eux. Je me retrouve donc avec des acteurs que je n'ai pas choisi et sur lesquels j'ai d'enormes doutes.
Ces pratiques, bien qu'inherentes a tout business artistique, m'ont semble inacceptables des les premiers jours. Leur poids s'en est trouve decuple lorsque je pris conscience d'avoir ete grossierement roule dans la farine. Et Alastair continue de me prendre pour un imbecile! Au cours d'une conversation telephonique que j'attendais depuis plus d'une semaine -il etait en vacance en France-, il m'a annonce que le role de Cleante revenait a un acteur avec qui il avait travaille de nombreuses fois et qui etait parfait pour le role (sic). Un acteur que Bill et moi avions elimine d'un commun accord le premier jour de casting! Un amateur! Raide et sans aucune technique! Un acteur qui, par mystere, eu le droit de refaire le casting et qui fut bien plus mediocre que la premiere fois!
Maintenant j'ai des doutes sur plusieurs autres acteurs qui m'on ete refuse parce que, dixit Alastair, ils n'etaient pas disponibles ou n'avaient pu parvenir a un accord !Il tient les rennes... Je ne peux rellement rien faire a part un esclandre du tonnerre! J'attends donc. A moins d'un mois du debut des repetitions, je n'ai toujours pas la confirmation de Dorine.
vendredi, août 08, 2003
Vendredi 8 aout
Dans un mois, tres exactement, les repetitions commencent a Basingstoke, petite ville situee a 40 minutes au sud de Londres.
J'ai rendez-vous a midi aujourd'hui avec le traducteur de la version que j'ai ecrite. Il veut me montrer son travail. J'ai aussi quelques petits changements a apporter. Un type qui m'inspire confiance, un acteur du Globe et du National, specialiste en versification. Nous retouchons la version de Christopher Hampton. Tres fidele a defaut d'etre vraiment bien ecrite.
"Comment? Vous reecrivez Moliere?" m'a-t-on dit la semaine derniere.
En general, je ne reponds pas a ce genre de provocations. Quelle facon de vous prendre pour un imbecile!
La version traduite en poche, je pourrai enfin voir mes acteurs et leur expliquer mes intentions. La plupart est sont vacances.
Je repousse au maximum le moment ou je devrais parler au directeur du theatre, le Hay Market Theatre. Nos rapports, assez bons les premieres semaines, se sont envenimes apres le casting...
Mais avant d'aller plus en avant dans les explications, il me faudrait peut-etre expliquer les circonstances dans lesquelles je vais devoir travailler.
Le Hay Market est un theatre de province situe en plein coeur d'une ville dortoir. Le profil du public potentiel est tres similaire a celui d'une chaine de television generaliste. "Pas de dentelles!" m'a-t-on declare lors de la premiere reunion.
Chaque annee, le directeur s'efforce d'organiser une saison a theme. Cet automne c'est : la France. Un programme de cinq pieces francaises et l'ambition de creer une compagnie theatrale qui assurerait la representation de toutes les oeuvres. Ce qui a rendu le casting particulierement difficile. Il fallait, effectivement, trouver des acteurs qui puissent faire trois ou quatre roles... Et c'est precisement sur ce point que mon directeur a commencer a montrer sa veritable nature...
Dans un mois, tres exactement, les repetitions commencent a Basingstoke, petite ville situee a 40 minutes au sud de Londres.
J'ai rendez-vous a midi aujourd'hui avec le traducteur de la version que j'ai ecrite. Il veut me montrer son travail. J'ai aussi quelques petits changements a apporter. Un type qui m'inspire confiance, un acteur du Globe et du National, specialiste en versification. Nous retouchons la version de Christopher Hampton. Tres fidele a defaut d'etre vraiment bien ecrite.
"Comment? Vous reecrivez Moliere?" m'a-t-on dit la semaine derniere.
En general, je ne reponds pas a ce genre de provocations. Quelle facon de vous prendre pour un imbecile!
La version traduite en poche, je pourrai enfin voir mes acteurs et leur expliquer mes intentions. La plupart est sont vacances.
Je repousse au maximum le moment ou je devrais parler au directeur du theatre, le Hay Market Theatre. Nos rapports, assez bons les premieres semaines, se sont envenimes apres le casting...
Mais avant d'aller plus en avant dans les explications, il me faudrait peut-etre expliquer les circonstances dans lesquelles je vais devoir travailler.
Le Hay Market est un theatre de province situe en plein coeur d'une ville dortoir. Le profil du public potentiel est tres similaire a celui d'une chaine de television generaliste. "Pas de dentelles!" m'a-t-on declare lors de la premiere reunion.
Chaque annee, le directeur s'efforce d'organiser une saison a theme. Cet automne c'est : la France. Un programme de cinq pieces francaises et l'ambition de creer une compagnie theatrale qui assurerait la representation de toutes les oeuvres. Ce qui a rendu le casting particulierement difficile. Il fallait, effectivement, trouver des acteurs qui puissent faire trois ou quatre roles... Et c'est precisement sur ce point que mon directeur a commencer a montrer sa veritable nature...